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"Menaces et intimidations" : les agents de sécurité de Carrefour à Lattes vont aux prud'hommes

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Source : midi libre, Publié le 07/01/2021, GUY TRUBUIL

En décembre, ils avaient entamé une grève contre de nouvelles tâches liées au Covid-19.

Verser quelques gouttes de gel hydroalcoolique dans les mains des clients, puis assurer la désinfection des barres de conduite de chaque chariot. Les mesures anti-Covid imposées aux agents de sécurité de l’hypermarché Carrefour de Lattes avaient provoqué l’incompréhension et la colère de ces salariés de la société éclipse, sous contrat avec la grande surface.

Le 4 décembre dernier, ils avaient entamé une grève illimitée, soutenus par l’union départementale de la CGT, estimant que ces tâches sanitaires n’entraient pas dans leurs prérogatives et pouvaient porter atteinte à leur santé. Des "menaces et intimidations" en cas de non-respect de ces consignes sanitaires avaient également été dénoncées…

Trois semaines plus tard, onze des quinze agents de sécurité ont décidé de saisir le conseil de prud’hommes de Montpellier et de demander la résiliation de leur contrat de travail aux torts de leur employeur en raison de la violation de son obligation de sécurité. Leurs recours engagés par l’avocate Sarah Massotta ont été enregistrés le 24 décembre.

Après cette action de protestation, le chef du groupe des agents, en poste depuis 2013, a été muté dans un autre site montpelliérain de l’enseigne Carrefour pour des motifs de… Restrictions budgétaires.

Consignes contradictoires

Après s’être affichée sur la même ligne que ses salariés, la société éclipse s’était finalement rangée derrière les volontés de son client, adressant une lettre de mise en demeure en novembre puis des avertissements. La démonstration de "consignes contradictoires" selon l’avocate.

"Il y a des bornes de désinfection à l’entrée. La mesure n’avait pas d’utilité. Et cela les détournait de leur mission principale de sécurité" poursuit-elle. Les modalités de désinfection imposées s’inscrivent, selon la direction de Carrefour, dans une directive nationale en vue de protéger leurs clients. Fallait-il pour cela en charger les agents de sécurité ? C’est toute la question de ce contentieux inédit provoquée par la crise du coronavirus.